Il y a deux mois, le 25 juin 2014, le prix Ludovic-Trarieux 2014 a été attribué à l'avocate égyptienne Mahinour el-Masry. Ce prix, que j’ai déjà mentionné à plusieurs reprises, est décerné chaque année à un avocat ayant illustré, « par son œuvre, son activité ou ses souffrances, la défense du respect des droits de l'Homme ».

Tel est sans conteste le cas de cette militante des droits de l'Homme qui a été successivement emprisonnée sous les régimes de Moubarak, de Morsi et d’al-Sissi. Elle doit sa dernière incarcération à une condamnation intervenue le 20 mai dernier pour sa « participation à une manifestation non autorisée » de décembre 2013. A cette occasion, elle a écopé de deux ans de prison et de 50.000 livres égyptiennes (5.300 €) d’amende.

Ayant fait appel de ce jugement, elle a comparu devant la Cour d’appel d’Alexandrie le 20 juillet dernier. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la justice égyptienne sait faire preuve de célérité. Sa peine a été réduite à 6 mois d’emprisonnement tandis que le montant de l’amende était confirmé. Il n’est pas interdit de penser que l’attribution du prix et la publicité qui s’en est suivie ne sont pas étrangères à cette réduction de peine. Six mois d’emprisonnement, c’est hélas encore trop pour espérer qu’elle soit présente lors de la cérémonie de remise du prix qui aura lieu à Florence en Italie le 31 octobre.

A moins d’une remise de peine ou d’une grâce ?