En cette période de crise, chacun le sait, les caisses de l’Etat sont vides, et les caisses de l’Etat dédiées à l’aide juridictionnelle ne font pas exception. Le CNB s’est, comme il se doit, emparé du sujet, ô combien polémique. Inutile de tenter de couper les cheveux en quatre, il est plus que nécessaire de trouver des sources alternatives de financement.

 

Parmi les différentes pistes de réflexion, une a particulièrement retenu l’attention, qui partait des deux constats suivants :

 

- Les règles portant sur la publicité se sont beaucoup assouplies ces dernières années.

 

- Les robes d’avocat peuvent se départir de la règle d’uniformité qui est la leur, par le port de décorations, mais aussi comme c’est le cas à Lyon s’agissant des robes de prêt, par la présence d’un logo du barreau propriétaire de la robe (pour rappeler aux uns et aux autres qu’elles sont à disposition, et non pour éviter que l’on « oublie de les rendre », évidemment).


Robe de prêt, logo du barreau de Lyon 


Il faut rappeler que le public concerné par les audiences est souvent un public captif (voire très captif).

 

D’où l’idée d’apposer des publicités sur les robes des avocats commis d’office.

 

Bien sûr, pour respecter la déontologie de ma profession, les marques qui seront choisies pour apparaître sur les robes des avocats commis d’office devront avoir justifié d’un haut degré d’éthique. Outre les logos positionnés de façon très visible, on mettra également à profit les deux séquences qui retiennent le plus d’attention, à savoir le début et la fin de la plaidoirie, pour prononcer de brefs messages publicitaires.

 

Le débat autour de cette idée a été passionné et comme il fallait s’y attendre ce projet avant-gardiste s’est heurté aux positions rétrogrades de certains éminents membres du CNB qui, après avoir poussé des cris d’orfraie, ont finalement résolu, choix curieux, de se réfugier dans l’abstention lors du vote.

 

Il a par ailleurs été décidé que Lyon serait le barreau qui testerait pendant quelques mois à la fois la faisabilité de cette réforme ainsi que l’accueil qui lui serait réservé tant par les professionnels que par les justiciables.

 

Les premiers essais ont eu lieu ces derniers jours. Voici en avant-première le résultat :


Avocats commis d'office sponsorisés 


Si tout se déroule comme prévu, la phase de test devrait débuter le 1er juin et durer 3 mois.

 

Sur ce, je vous laisse. Je vais profiter de ce lundi de Pâques pour m’empiffrer de chocolat.


Poissons en chocolat