Non seulement vous le pouvez, mais c’est vivement conseillé. Ce qui peut vous apparaître comme un détail sans importance, voire comme un point honteux, peut s’avérer capital dans la conduite d’un dossier. Il ne faut donc pas hésiter un instant à présenter sa situation de la façon la plus complète possible. Très souvent, il m’arrive de « deviner », par expérience ou intuition, qu’un élément est passé sous silence. Je ne manque jamais de demander des précisions. Toutefois, si mon interlocuteur fait le choix de refuser de m’éclairer plus avant, c’est à ses risques et périls.

Il faut d’autant moins être réticent que les confidences recueillies par un avocat sont protégées par le secret professionnel. C’est une obligation déontologique et le texte qui réglemente la profession d’avocat est explicite en la matière : le secret professionnel est d’ordre public. Il est général, absolu et illimité dans le temps. Il porte sur tous les aspects de l’intervention d’un avocat, qu’il s’agisse du contentieux ou du conseil.

Au-delà de l’obligation déontologique, c’est aussi une obligation légale qui est pénalement sanctionnée. Ainsi, l’article 226-13 du code pénal dispose-t-il que : « La révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d'une fonction ou d'une mission temporaire, est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende ».

J’aime beaucoup ce passage du Règlement Intérieur National qui résume tout :

« L’avocat est le confident nécessaire du client. »

Cette confidence, ne peut intervenir que s’il s’établit une relation de confiance entre le client et l’avocat. Pour sous-entend une démarche active de la part des deux.

 

Il n’a pas de pire stratégie que de mentir à son avocat, y compris par omission, pour roder un discours devant une juridiction.