Aujourd’hui, les musulmans célèbrent la fête la plus importante de l'islam, l’Aïd-al-Adha (en arabe عيد الأضحى, « la fête du sacrifice »), aussi appelée Aīd al-Kebīr ou Aīd al-Kabīr (العيد الكبير « la grande fête ») qui correspond au jour de la prière du pèlerinage, à ne pas confondre avec l’Aïd el-Fitr, qui marque elle la fin du ramadan.

Cette fête qui commémore la soumission à Dieu d’Ibrahim/Abraham, celui-ci acceptant sur ordre divin, d’égorger son fils unique Ismaël, avant que l’archange Gabriel, toujours sur ordre divin, substitue au moment de la concrétisation du commandement divin, l’enfant sur le point d’être sacrifier, par un bélier.

Pour l’occasion, la tradition veut que les familles musulmanes sacrifient un animal, le plus souvent un ovin, généralement un mouton[1]. L’exercice ne pose guère de problème dans les sociétés où chacun est fréquemment amené à tuer un animal pour subsister. Dans nos sociétés modernes, cela n’est plus possible, singulièrement du fait de l’urbanisation mais aussi de l’attention plus grande portée aux questions d’hygiène. A cela s’ajoute une particularité de l’abattage dans le cadre de la religion musulmane, d’ailleurs partagée avec la religion juive : l’animal est tué sans avoir été étourdi auparavant. Il y a donc un risque de souffrance pour la bête, notamment si l’opération est menée par une main inexpérimentée.


Moutons


Un certain nombre de texte viennent encadrer les pratiques avant et après l’abattage mais surtout interdire l’abatage rituel effectué en dehors des abattoirs habilités à cet effet.

Ainsi l’article 26 du règlement sanitaire départemental type dispose-t-il ¨

Présence d’animaux dans les habitations, leurs dépendances, leurs abords et les locaux communs. Sans préjudice de l’application de la réglementation en vigueur, il est interdit d’élever et d’entretenir dans l’intérieur des habitations, leurs dépendances et leurs abords, et de laisser stationner dans les locaux communs des animaux de toutes espèces dont le nombre ou le comportement ou l’état de santé pourraient porter atteinte à la sécurité ou à la salubrité des habitations ou de leur voisinage. Il est de même interdit d’attirer systématiquement ou de façon habituelle des animaux, notamment les pigeons et les chats, quand cette pratique est une cause d’insalubrité ou de gêne pour le voisinage.

Sans préjudice des dispositions réglementaires les concernant, les installations renfermant des animaux vivants, notamment les clapiers, poulaillers et pigeonniers, doivent être maintenus constamment en bon état de propreté et d’entretien. Ils sont désinfectés et désinsectisés aussi souvent qu’il est nécessaire ; les fumiers doivent être évacués en tant que de besoin pour ne pas incommoder le voisinage.

 

On notera aussi l’existence du décret n° 2002-1544 du 20 décembre 2002 relatif à l’identification des ovins et caprins ainsi qu’à l’application de l'article L. 231-6 du code rural, qui vise à assurer, pour reprendre une expression à la mode, la traçabilité de l’origine des animaux.


moutons corses


De son côté, l’article R214-73 du Code rural est ainsi rédigé :

 

Il est interdit à toute personne de procéder ou de faire procéder à un abattage rituel en dehors d'un abattoir. La mise à disposition de locaux, terrains, installations, matériel ou équipement en vue de procéder à un abattage rituel en dehors d'un abattoir est interdite.

Ne pas respecter ces dispositions, c’est s’exposer à une amende de 1.500 euros par infraction, puisqu’il s’agit d’une contravention de 5ème classe.

Il est enfin interdit de vendre aux consommateurs, des carcasses de moutons non désossées conformément aux dispositions des arrêtés ministériels des 24 décembre 2003 et 7 janvier 2005. Par dérogation, les carcasses entières de plus de 13 kilos d’ovins âgés de moins de 12 mois peuvent être remises aux acheteurs[2] non démédullées et accompagnées d’une fiche indiquant les précautions à prendre.

Un mot de prudence en guise de conclusion : contrairement à ce que l’on peut croire, les poursuites ne sont pas rares en la matière. Ceux qui se font prendre auront beau arguer du fait que beaucoup d’autres agissent de la sorte, ils se retrouveront néanmoins devant le Tribunal de police.


[1] Qui est découpé en 3 parties : une pour la famille, une pour les plus démunis et une pour les amis et voisins.

[2] Et non aux « chefs de famille » comme on le lit trop souvent sur la toile.