Fusion avec les avoués, serpent de mer de l’intégration des juristes d’entreprises, la profession d’avocat voit ses contours évoluer. Ce mouvement devrait se poursuivre dans les prochains mois, avec la création des « avocats officiels ». La mise en place de ce barreau au sein du barreau découle du constat qu’il faut moderniser le mécanisme de la commission d’office, désormais sclérosé.

Une fois la réforme adoptée, le justiciable qui ne pourra désigner un avocat choisi se verra désigner un « avocat officiel ». Ce dernier aura le statut de fonctionnaire et sera rattaché au Ministère de la Justice. Sa notation et donc son avancement au sein de la fonction publique se feront sous l’égide d’une commission présidée par le procureur de la République et composée de représentants des syndicats de policiers, des syndicats de surveillants de prison et des associations de victimes. Le serment qu'il prêtera sera inspiré de celui bientôt prononcé par les avocats chinois, marquant un retour bienvenu au principe napoléonien.

Chacun le sait nos concitoyens souhaitent que la sécurité soit accrue. Justement la sécurité juridique sera renforcée à l’occasion de cette réforme, puisque les avocats officiels ne pourront pas déposer de conclusions de nullité, ce permettra de se dispenser de nombreux débats stériles. De même les demandes de mise en liberté devront être validées par le parquet général avant d’être soumises aux juridictions.

« Il s’agit ni plus ni moins que de la mort programmée de la défense pénale » s’insurge Me Jacques Turbot, qui a rédigé un rapport très défavorable sur ce projet au nom du Syndicat des Avocats de France (SAF).  

« Bien évidemment, comme à chaque réforme, le conservatisme corporatiste sera à l’œuvre. Mais très vite, les avantages de ce nouveau type d’organisation sera unanimement reconnu » commente le responsable chargé de faire avancer ce dossier place Vendôme, Jean-Luc Denti.