J’ai peu de goût pour les contrôles de sécurité de plus en plus tatillons ans les aéroports.

Ce soir sur Canal Plus sera diffusé  dans le cadre du magazine « Spécial investigation » un documentaire Intitulé « Terrorisme : les failles des aéroports français ». Ce reportage qui a été réalisé par Haziz Faddel fait la démonstration de l’absurdité de ces contrôles de sécurité.

S'il le démontre en ce qui concerne la zone passager, ce qui avait déjà été fait, il est à ma connaissance le premier qui mette en lumière le caractère très perméable des zones de fret.

On voit plusieurs employés de sociétés travaillant dans la zone de fret y entrer avec des sacs à double fonds contenant soit un pistolet non chargé et une grenade factice en métal soit trois pistolets, passer sans difficulté le portique de sécurité faute d'appareil à rayons X et les déposer respectivement sous le siège réservé par un journaliste dans un Airbus A380 d’Air France en partance pour New-York et sous le siège du commandant de bord d’un avion de fret postal.

Toutefois, afin de ne pas laisser le pistolet et la grenade dans l’avion avant son départ,  c'est en définitive une photo des deux objets est déposée sous le siège du journaliste. durant le vol, celui-ci se rend aux toilettes pour ouvrir le paquet.

Côté passagers, c'est une autre grenade factice qui passe sans encombre les scanners à rayon X. Il est vrai que pour être efficace, il faudrait consacrer 30 secondes à chaque bagages, alors que dans les périodes de fortes affluence, se sont 3 bagages qui passent en 10 secondes.

 

La réaction des autorités est  à la mesure de ce qu'on pouvait en attendre.  Un sénateur républicain en charge des problèmes de sûreté, ayant visionné les images concernant l'Airbus A380 d’Air France en partance pour New-York demandera aux journalistes de garder le silence et d'effacer son interview !

Quant à celle de Thierry Mariani, le secrétaire d'Etat aux Transports, elle est risible visible à la fin de cet extrait de l’émission :

 



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Dans un premier temps, une fuite embarrassée et dans un second temps des propos lénifiants.

Mais puisque le ministre se veut rassurant, soyons donc rassurés. Toutefois, si l'on veut bien croire que la sécurité règne dans les aéroports, il n’en est pas de même au domicile des journalistes qui font des enquêtes sur la sécurité au sein des aéroports.

Un journaliste ayant travaillé sur ce documentaire intitulé a été cambriolé lundi 22 mars. Alors qu'il dormait avec femme et enfants, Des cambrioleurs sont entrés sans effraction chez lui et sont repartis avec pour seul butin son ordinateur portable, délaissant plusieurs objets de valeur pourtant à portée de main. Ballot, non ?

Certains, dont le député français Nouveau Centre Charles de Courson, avec lequel je ne pensais pas avoir un jour une affinité d'opinion, dénoncent le caractère largement illusoire des mesures de sécurité, lesquelles sont inefficaces et surtout destinées à rassurer les voyageurs. Pour ma part, j'aurais tendance à rajouter destinées à les enquiquiner et à les habituer à ce qu'on empiète leurs libertés individuelles.

Deux anecdotes à ce propos.

Prenant l’avion durant l’été dernier, une jeunes femme qui me précédait s’est vu demander par l’agent de sécurité de mettre ses chaussures, dans le scanner à rayon X, et ce sous les commentaires exaspérés, amusés ou consternés des personnes dans la file.

Il faut préciser que les chaussures en question étaient des tongs artisanales entièrement en cuir qui, la talonnette en moins (après mûre réflexion et fidèle au principe selon lequel on ne fait pas d’attaque sur le physique, je ne ferai aucune mauvaise blague à propos de talonnette) ressemblaient à ceci :



Tong en cuir



Je ne prolonge pas plus longtemps le suspens : non, aucune arme à feu n’était cachée à l'intérieur des semelles.

Autre expérience intéressante, à la portée de chacun et souvent pratiquée par le taulier de ces pages. Elle consiste à s’approcher des portiques sans répondre au bonjour de l’agent de sécurité placé en amont et en faisant semblant de l’ignorer.  L’œil expert de celui-ci remarque tout de suite le voyageur au comportement suspect. Il file alors, sans vous lâcher des yeux auprès de son collègue chargé de la caméra à rayons X, pour lui susurrer discrètement quelque chose à l'oreille, tout en vous désignant tout aussi discrètement du doigt (authentique !).  Après le passage au scanner (qui n'a pas été plus long que celui consacré au effets des autres passagers), ouverture de vos sacs assurés.

Si vous avez le goût du risque et que vous êtes arrivés exprès un peu en avance, vous pouvez aussi faire celui qui ne comprend pas qu’on lui demande d’ouvrir son sac et qui reste mutique, les yeux dans le vague. Invariablement, les agents de sécurité perdent leur calme, démontrant, si besoin était, leur total manque de professionnalisme. A moins de ne pas vouloir prendre l'avion, il convient de ne pas prolonger l'expérience trop longtemps et de les autoriser à se  livrer à leur exercice favori, l'inspection visuelle, dont l'efficacité, pour peu qu'il y ait un double fond, n'est plus à démontrer. 

Comme dirait l'autre « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux. »