Chacun s’en souvient, la réélection contestée Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009 au poste de président de la République islamique iranienne a provoqué durant plusieurs mois des manifestations de la part des partisans du candidat malheureux Mir Hossein Moussavi.

Ces manifestations ont fait l’objet d’une impitoyable répression, puisque de nombreux manifestants ont été arrêtés, torturés et soumis à des « procès spectacle ».

A la suite de ces procès 11opposants ont condamnés à la peine capitale, mais on ignore combien sont morts au cours des tortures qui ont suivies leur arrestation.

Ma consœur iranienne Nasrin Sotoudeh était sur les bancs de la défense lors de ces procès, assistant les opposants célèbres tels Shirin Ebadi elle aussi avocat mais surtout Prix Nobel de la paix en 2003, ou le journaliste Issa Saharkhiz, ainsi que de nombreux inconnus.

Arrivée à 39 ans dans la profession, elle s’est très vite fait connaître pour ses combats en faveur des enfants et des femmes maltraités ainsi que pour ses plaidoiries en faveur des jeunes condamnés à mort pour des faits commis alors qu’ils étaient mineurs.

Irritées par son activité inlassable, les autorités iraniennes ont décidé de la faire reculer des bancs de la défense aux bancs des accusés.

Arrêtée en septembre, elle vient d’être condamnée à 11 ans de prison et 20 ans d'interdiction d'exercer son métier. Ses crimes ? « Actions contre la sécurité nationale », « propagande contre le régime » et « appartenance au Centre des défenseurs de droits de l'Homme ». Autrement dit : « exercice de son métier d’avocat ».

 

Elle a 20 jours pour faire appel. Mais cela a-t-il vraiment un sens ? Uniquement si cette condamnation fait l’objet d’un grand retentissement. Se sachant sous le regard de la communauté internationale, la justice iranienne, à défaut de l’acquitter, rendra peut-être une décision d’appel plus « modérée ».