La garde à vue est une mesure par laquelle une personne est retenue pendant une durée légalement déterminée, dans les locaux des services de police sous le contrôle, selon qu'on est dans un pays plus ou moins juridiquement avancé, d'un juge indépendant, d'un juge soumis au pouvoir exécutif ou un policier.

En général, la personne retenue l'est car car elle est soupçonnée d'avoir commis une infraction. Mais il est possible qu'elle soit retenue pour l'empêcher de commettre une infraction. On parle alors de garde à vue préventive, prise dans le cadre de la police administrative, laquelle vise à éviter les troubles à l'ordre public.  

La garde à vue préventive existe dans l'arsenal juridique de plusieurs pays : la Suisse,l'Allemagne (Vorbeugegewahrsam), la Belgique,  le Danemark (Cette liste n'est pas exhaustive).
La première  s'est dotée, dans le cadre de l'Euro 2008 de football organisé en partie sur son sol, d'une législation visant à pouvoir prévenir les violences graves lors des manifestations sportives.
Le Tribunal fédéral (TF) a récemment validé la conformité de cette législation à la Convention européenne des droits de l’homme. La durée maximum de cette garde  vue préventive est de 24 heures. Si la personne visée en fait la demande, un juge vérifie que la privation de liberté est conforme à la loi.
Les autres pays ont une réglementation  qui concerne de façon plus générale les  manifestations susceptibles de provoquer un trouble grave de l'ordre public, avec la durée maximum de 12 heures.

A ce jour, la garde à vue préventive n'est pas présente dans la législation française. Il n'est pas impossible que les choses évoluent à l'occasion de la réforme tant attendue. D'ailleurs le 25 novembre dernier, dans l'Allier, on a procédé à ce qui ressemble fort à l'expérimentation d'un tel mécanisme juridique.

Ce jour là, le président de la République se déplaçait à Isserpent et au Mayet-de-Montagne (Dans l'Allier, donc.) pour assurer le monde agricole de l'intérêt qu'il lui porte à 18 mois des élections de 2012. Rien ne devait troubler la visite présidentielle, contrairement à se qui s'était passé à plusieurs reprises les deux dernières années, lors de ce type de déplacements .
 
Las, au Mayet-de-Montagne un groupuscule d'une quinzaine de malfaisants désireux d'user abusivement du droit d'exprimer leur opinion séditieuse, avait prévu de manifester son hostilité au premier magistrat de France.
L'un des meneurs de cette méga-manifestation, Frédéric Le Marrec, un militant du syndicat SUD a été intercepté (On n'ose écrire "interpellé".) en début de matinée par deux gendarmes qui l'ont invité à les suivre à la gendarmerie. Là, il est interrogé  au sujet d'une infraction de tout premier ordre : le collage sauvage d'affiches en faveur du NPA. S'étant expliqué sur ces faits et n'ayant pas été mis en garde à vue, notre syndicaliste a légitimement fini par émettre le souhait de partir. Les pandores l'en ont "dissuadé", ce à quoi, ne voulant pas provoquer d'esclandre, il a obtempéré (Un violent, on vous dit !).
Il semble que lors de la réunion destinée à régler la sécurité durant la venue du chef de l'Etat, Pierre Monzani, Préfet de l'Allier et proche de Brice Hortefeux ait nommément désigné le syndicaliste, souhaitant connaître tous ses faits et gestes durant cette journée cruciale, ce que la hiérarchie gendarmesque aurait interprété comme une invitation à la "mise à l'écart".
En définitive, Frédéric Le Marrec ne ne quittera la gendarmerie que lorsque Nicolas Sarkozy sera en route vers les champs où il est le plus à son aise, ceux de l'Elysée. Il a depuis porté plainte contre X... pour "arrestation arbitraire" (Curieusement, il  ne l'a pas fait durant son séjour à la gendarmerie, alors qu'il avait tout le temps pour le faire). ,
De son côté, Pierre Monzani dément tout rôle dans cette curieuse "retenue" et fait preuve du légendaire sens de l'humour préfectoral en déclarant : "Le café que lui ont servi les gendarmes devait être bon pour qu'il s'attarde autant à la gendarmerie."