La légitime défense est un sujet qui déchaine fréquemment la polémique.

Alors qu'en principe la violence légitime est réservée aux membres des forces de l'ordre, la loi prévoit par exception que le simple citoyen puisse user de violence pour éviter ou arrêter une infraction. 

Malgré les différences de rédactions entre la partie portant sur la légitime défense en cas d'atteinte contre les personnes (soi-même ou autrui) et la légitime défense en cas d'infraction contre les biens, les conditions constitutives de ce cas d'exonération de responsabilité sont globalement les mêmes s'agissant de l'agression et la riposte.

Il faut retenir que l'agression doit être :
- sur le point d'intervenir ou en cours ;
- réelle.

De même la riposte doit être :
- nécessaire ;
- immédiate (comprendre quasi-simultanée) ;
- proportionnée à l'agression.

C'est l'absence du premier et du dernier éléments qui explique qu'un homme de 70 ans résidant sur la commune de Nissan-Lez-Enserune soit actuellement en détention provisoire pour avoir blessé par arme à feu deux jeunes femmes qui venaient de commettre un vol dans son habitation et prenaient alors la fuite.


L'agression n'était pas sur le point d'avoir lieu ou en cours, puisque les deux jeunes femmes avaient pris la fuite, signe que l'infraction avait été commise.

La riposte n'était pas proportionnée puisqu'elle consistait à utiliser une arme à feu contre deux jeunes femmes démunies de toute arme.

Il ne semble donc pas possible de se prévaloir de la légitime défense dans ces circonstances. L'initiative qui a été prise de demander, au travers d'une pétition, la libération du septuagénaire est de ce fait vouée à l'échec.