Les vacances étant une période propice à la lecture, je ne déroge pas à la règle. Je referme à l'instant un roman passionnant, "L'affaire de l'esclave Furcy" de Mohammed Aissaoui, aux éditions Gallimard.

L'auteur, qui reconnait n'être ni historien ni juriste, y décrit le long combat judiciaire d'un nommé Furcy, homme à tout faire d'un riche colon réunionnais, pour voir reconnaitre son statut d'homme libre.

Voici retracée devant nous une époque complexe où un esclave pouvait être le compagnon d'une femme libre, où les anciens esclaves ont en horreur l'affranchissement car ils sont eux-même devenus propriétaires d'esclaves, où une partie des esclaves craint d'être rendu à la liberté, synonyme pour eux de misère. Dans ce combat de longue haleine, alors que le code noir de sinistre mémoire était encore en vigueur, Furcy a reçu le soutien de deux magistrats du parquet qui n'ont pas hésité à mettre leurs carrière en danger, Jacques Sullet-Brunet et Gilbert Boucher. 

Certes, Mohammed Aissaoui est plus convaincant dans les parties romancées, reconstituées à partir de lettres de G. Boucher, que quand il se rend à la Réunion, sur les traces de Furcy. Il n'en reste pas moins, qu'au travers de l'histoire de Furcy, dont on ne connait que le prénom, il  parvient à rendre leur humanité à ces hommes qu'ont a voulu, en les privant d'un nom, priver d'une identité.