Alors que la tenue d’une ultra-minorité de fanatiques religieux(ses) occupe ces jours-ci le législateur français, le gouvernement congolais a lui décidé de se pencher sur les vêtements portés par ses fonctionnaires. Désormais, l’accès aux administrations publiques congolaises sera assujetti au port d’une « tenue correcte » et il sera notamment interdit aux femmes fonctionnaires de porter des décolletés.

Une telle décision semble reléguer le Congo au rang de régimes peu recommandables, en compagnie de la Chine et du Botswana.

Pour autant, en France également, une obligation de correction pèse sur les fonctionnaires. Deux décisions de justice, rendues toutes deux en 2003[1], sont venues fixer la jurisprudence en la matière. Coïncidence, ces deux décisions se penchent toutes les deux sur le port du bermuda au travail…

A l’occasion du second dossier, le juge administratif a rappelé que :

« S’il est vrai que le statut de la fonction publique n’impose pas de tenue vestimentaire particulière aux enseignants, toutefois, la liberté individuelle de se vêtir ne saurait avoir un caractère absolu ; que des restrictions peuvent y être apportées à condition qu’elles soient justifiées par l’intérêt du service, par la nature des tâches à accomplir et proportionnées au but recherché ».

 

On aurait donc tort de porter trop rapidement un regard condescendant ou amusé sur la décision congolaise.


[1] Le 28 mai 2003 s’agissant de l’arrêt de la Cour de cassation et le 3 juin 2003 s’agissant du jugement du Tribunal administratif de Cayenne.