Mise à jour : Peter Erlinder a été remis en liberté le 17 juin. 

 

Pour pouvoir remplir efficacement sa mission, l’avocat doit pouvoir s’exprimer librement, sans crainte pour lui-même. Tel n’est pas le cas au Rwanda où Peter Erlinder est actuellement en détention préventive simplement pour avoir voulu exercer son métier.

Ce défenseur de « causes sensibles », qui est président de l’association des avocats de la défense du TPIR et Professeur de droit au William Mitchell College of Law à St. Paul, Minnesota, ancien président de la Guilde nationale des avocats aux États-Unis, une organisation très active sur le terrain des droits politiques et sociaux, est inscrit comme avocat de la défense devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Parmi ses clients, des personnalités rwandaises considérées par la justice rwandaise et le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) comme les principaux planificateurs du génocide de 1994 et notamment le colonel Theoneste Bagosora, ancien chef de Cabinet du ministre rwandais de la Défense, désigné par l’accusation comme « le cerveau du génocide ».

Peter Erlinder a été arrêté vendredi 28 mai 2010 à Kigali, où il était arrivé une semaine plus tôt en vue d’assurer la défense d’une de ses clientes, l'opposante Victoire Ingabire candidate hutu lors des prochaines élections face à l’actuel président Kagame, qui est poursuivie pour négation du génocide.

C’est la même infraction de « négation et occultation du génocide des Tustsis » qui est reprochée à Peter Erlinder. Ce dernier paye là d’avoir irrité Paul Kagamé, l’actuel chef de l’Etat rwandais, en introduisant contre ce dernier une action en justice devant un tribunal de l’Oklahoma et en faisant part de sa conviction que le Front patriotique rwandais, le parti de Paul Kagamé, était responsable de l’attentat qui avait causé la mort de l’ancien président, Juvénal Habyarimana, une poignée d’heures avant le début du génocide de 1994.

Il y a quelques jours, la détention de Peter Erlinder a été prolongée de trente jours par le tribunal de base de Gasabo, dans la ville de Kigali. Il devrait être jugé courant juillet.

 

Je ne peux que me joindre aux voix, nombreuses, qui ont déjà demandé sa remise en liberté.