C’est Julie Pietri, ma plus fidèle lectrice qui va être contente : me voici de retour après quelques semaines d’absence.

On apprend par la presse que trois boutiques lyonnaises vendant du thé, du café et du chocolat ainsi que des ustensiles de cuisine pour déguster lesdits ingrédients, vont changer leur enseigne qui est à l’heure actuelle « Au nègre ». Pourtant celle-ci avait été créée en 1933 et peut se prévaloir de 80 d’histoire.


Il faut dire également que pour aggraver son cas, cette chaine de boutique vend des ustensiles « Banania » très prisés des collectionneurs et/ou des nostalgiques[1], sur lesquels apparaissent le tirailleur sénégalais qui a contribué à la renommée de cette marque. 

Tout cela n’est pas sans rappeler cette action en justice (la seconde en quelques années) destinée à réécrire le contenu de la bande dessinée « Tintin au Congo ».


Aimé Césaire avait nommé son courant littéraire et politique « la négritude », procédant à la réappropriation d’un terme qui se veut méprisant pour le transformer en un signe de ralliement et de fierté[2]. Sans doute est-il urgent désormais de le rebaptiser ce courant la « blackitude ». Quant à l’un des derniers livres d’Aimé Césaire, intitulé « Nègre je suis, nègre je resterai », on hésite, à l’aune de cette démarche révisionniste difficilement compréhensible, entre l’interdire ou le soumettre à un autodafé.


P.S. : puisse le titre de ce billet également provoquer le retour d’A. Jacquet ou au moins du bon génie qui a provoqué son succès il y a 12 ans.



[1] Notamment ceux, enfants au début des années 80, chez qui la moindre rupture de stock de poudre chocolatée provoquait des velléités d’émancipation.

[2] L’exemple le plus marquant de ce revirement de valeur est sans doute le coq gaulois, d’abord signe de raillerie des français, aujourd’hui symbole de la République. On remarquera que les termes « négro » et « nègre » sont fréquemment utilisés par des rappeurs.