Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Sports, a indiqué jeudi 29 avril sur Canal+ que « le maillot de l'équipe de France est sacré et ne peut être porté par un mis en examen, si jamais Franck Ribéry est mis en examen ».


Madame la secrétaire d’Etat, dont chacun sait qu’elle occupe ce poste plus à titre punitif qu’autre chose, démontre si besoin était sa complète méconnaissance du domaine qui lui a été attribué, mais aussi du droit en général.

Le sacré et le service public

On rappellera que l’équipe de France de football est gérée par la Fédération Française de Football, qui a reçu à cet effet une délégation de service public de la part de ministère des sports. Le terme « sacré » pour qualifier le maillot de l’équipe de France est donc parfaitement inapproprié, à moins qu’on soit revenu ces jours derniers sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, sans m’en avertir.

Mis en examen ou coupable

Il semble qu’il y ait, dans l’esprit de Rame Yade, confusion entre ces deux termes. Passons sur le fait que pour l'instant, comme l'indique la secrétaire d'Etat, Franck Ribéry, n'est pas mis en examen et ne le sera peut-être jamais. Mais quand bien même le serait-il, cela n'aurait rien d'infamant : il pourrait toujours, le cas échéant, bénéficier d'une ordonnance de non lieu de la part du juge d'instruction ou d'une relaxe de la part du Tribunal correctionnel. Il y a encore loin d'ici à une condamnation.

Condamné et sélectionné

D'ailleurs, est-il si inimaginable que cela qu'un joueur qui aurait été condamné pénalement porte par la suite le maillot de l'équipe de France ? Rama Yade répondrait surement oui. J'ai peur qu'elle se fourvoie. Un certain Sidney "Whisky-Coca" G. (vous noterez que son anonymat est parfaitement respecté) a été interpellé, en décembre 2008, alors qu'il conduisait en état d'alcoolémie (2,6 grammes d’alcool par litre d’air expiré). Je conçois mal qu'il n'ait pas été convoqué en justice (probablement dans le cadre d'une procédure de CRPC) puis condamné, même si je n'en ai pas trouvé trace sur la toile. En novembre dernier, ce joueur avait connu une nouvelle "faute de vie" puisqu'il était apparu alcoolisé lors d'une manifestation publique, au point que son club avait décidé de lui retirer son brassard de capitaine (même si à mon sens, la vrai sanction aurait été de le nommer capitaine de soirée...)


Dans la liste des internationaux français qui ont eu à connaitre la justice pénale, on peut également citer : Sylvain W. qui conduisait en excès de vitesse : 135 km/h dans une zone limitée à 50 ou  Jérôme R., flashé à 230km/h sur l’autoroute (tous deux condamnés par le Tribunal de police).


Reste qu'on est inquiet pour l'avenir de l'équipe de France qui, à quelques semaines du mondial, peut difficilement se passer de Franck Ribéry. Une seule solution : revoter, au bénéfice des sportifs de droite, une loi d’amnistie.