Le début d’année est marqué par l’entrée en fonction des magistrats dans leurs nouveaux postes. La presse se fait l’écho des mouvements, notamment en rapportant les audiences solennelles au cours desquelles ont lieu les installations.

 

Récemment, un magistrat nouvellement installé a accordé une entrevue à un journal local. Rien que de très naturel. Est-ce par souci de montrer qu’il se mettait immédiatement au travail ou à la demande du photographe pour changer des sempiternelles photos dans la salle d’audience ? Toujours est-il que l’article est illustré d’une photo du magistrat à sa table de travail. On s’aperçoit que celle-ci est relativement encombrée, ce qui se conçoit puisque le magistrat en question occupe un poste important. Signe de cette importance, deux très volumineux dossiers trônent sur ledit bureau. Si volumineux que l’on lit aisément, sur la tranche de chacun d’entre eux, le nom des quatre personnes mises en cause.

 

 

 

Alors certes, la Justice est publique en France, l’anonymisation des décisions de justice étant limitée aux banques de données jurisprudentielles. Certes, les noms sont plus ou moins lisibles et ont peut-être été communiqués à la presse auparavant. Certes, le journal en question a une distribution réduite ciblée.

 

Mais il est vrai que les quatre personnes en question se seraient sans doute volontiers passées de cette publicité, sans lien direct avec le sujet de l’article.