Par Audrey DURAFOUR, stagiaire et rédactrice invitée

 


 

Hier, les maisons d’arrêt de Saint Paul et de Saint Joseph, à Perrache, ont fait l’objet d’une journée « portes ouvertes », ce qui est toujours surprenant s'agissant de prisons, même désaffectées. Malheureusement, seuls des journalistes ont eu l'opportunité de visiter ce lieu chargé d'histoire. Il est regrettable que le grand public ait été tenu à l’écart de cet évènement. Certes, il n’est pas envisageable que tout un chacun puisse défiler dans ces locaux, mais on aurait pu imaginer un système de visites limitées, sur réservation (D’ailleurs, l’artiste Ben, qui expose à Lyon en ce moment, avoue, dans la dernière livraison de Mag2 Lyon qu'il rêve de pouvoir faire un vernissage dans ces murs).

En effet, visiter ces établissements, qui ont été surnommés « la Marmite du diable » permet d'être mieux à même de comprendre les conditions de détention déplorables. A l'heure où la surpopulation carcérale et ses conséquences désastreuses font fréquemment l'actualité, cette visite aurait pris tout son sens. Faut-il rappeler que la prison de Perrache figurait en bonne place dans le triste palmarès des prisons les plus surpeuplées et les plus insalubres de France (il est vrai que Corbas connait une situation à peine meilleure s'agissant de la surpopulation et souffre d'autres maux) ?

Ce permis de visite accordé à la presse dans le cadre de la procédure de vente lancée par l'état, permet au grand public d’avoir une vision de l’intérieur de ces établissements très vétustes. Les photos diffusées par la presse montrent ou laissent deviner la rigueur, pour ne pas dire la dureté, des conditions de vie qui été dénoncées à de multiples reprises tant par les bâtonniers et les avocats de la région que par l’Observatoire International des prisons. Un rapport d’inspection saisissant a également été effectué à ce sujet en 2005 suite la nomination d’un expert par le tribunal administratif de Lyon saisi par des détenus des prisons Saint-Paul, Saint-Joseph et Montluc.

Finalement conservés, les bâtiments de l'ancienne prison seront réhabilités. Les défenseurs du patrimoine peuvent se féliciter d'avoir sauvé un lieu unique en France. On peut néanmoins regretter que les fresques du peintre Chamizo (qui a été « pensionnaire » des lieux) soient définitivement emprisonnées sous terre puisque le souterrain dans lequel elles sont dessinées sera condamné.