Une jeune femme de 19 ans résidant à Norwich (Angleterre), Chantelle Amies était poursuivie pour avoir empoisonné les trois poissons rouges du fils de ses voisins.

Les indices contre elle ne manquaient pas : ses empreintes se trouvaient non seulement sur l’aquarium mais aussi sur une bouteille d’eau de javel retrouvée dans la maison. En outre, trois témoins attestaient de ce qu’une odeur de Javel qui émanait de l’aquarium le soir de l’odieux forfait lequel a eu lieu peu de temps après une dispute de voisinage. Toutefois, il n’y avait aucun témoin visuel et la jeune femme ne reconnaît pas les faits.

Malgré cela, la juridiction ne l’a pas condamnée car il manquait un élément de preuve essentiel : la présence de javel dans l’aquarium.

Si le sens de cette décision n’a rien d’étonnant, ce sont ses conséquences financières qui ont retenues l’attention. En effet, l’affaire, qui a nécessité trois audiences, a coûté 2.200 euros aux contribuables anglais alors que la valeur totale des trois poissons rouges était de…8 euros.

 

 

Une telle affaire, bien que se déroulant en Angleterre, ne manque pas d’interroger, surtout quand on connaît la situation financière de la Justice en France, notamment au TGI de Lyon.

J’ai récemment eu à traiter un dossier où le montant total de l’escroquerie était de … 25 €. Certes, il y avait une circonstance aggravante, mais on peut légitimement s’interroger sur le bien-fondé de poursuivre ce type de dossier devant le Tribunal correctionnel.

Un dernier mot : si la police de Norwich n’a pas fait l’analyse de l’eau de l’aquarium, c’est car cela aurait coûté trop cher…