Un homme politique clame qu’un adversaire instrumentalisant la Justice tente de l’écarter de la vie publique.

Non, ce n’est pas en France.

C’est ce dont prétend être victime Anwar Ibrahim, le chef de l’opposition malaisienne, qui comparait en ce moment devant la justice de son pays pour viol sur un de ses anciens collaborateurs. Accusé de sodomie, il risque une peine de vingt ans de prison.

On aurait tort de surestimer le rôle de l’islam dans la lourdeur de la peine encourue. Bien que la Malaisie soit un pays à majorité musulmane (54% contre 25 % de Malaisiens d'origine chinoise et 10 % d’origine indienne) la charia (syariah selon l’orthographe locale) ne s’applique que pour les musulmans et essentiellement pour les affaires de statut personnel (mariage, divorce, héritage). En dehors de cette exception, le système judiciaire malaisien est basé sur le système anglais de Common Law. C’est donc devant une High Court et non une Syariah Courts qu’Anwar Ibrahim est jugé ces jours-ci.

Pour lui, l’histoire a une furieuse tendance à bégayer car il a déjà subi six ans de prison sous la même accusation avant d’être blanchi en 2004. Depuis sa libération, il a réalisé un retour en force dans la vie politique, notamment lors des élections de 2008.

Sa position est d’autant plus inconfortable que, si j’en crois la presse, il n’a pas pu avoir accès aux éléments de preuve (documents médicaux, relevés d’ADN…) venant à l’appui de l’accusation. Il semble donc que la justice pénale malaisienne ne connaisse pas le principe du contradictoire. C’est fâcheux.

 

« Les charges sont sans fondement » a dénoncé l’accusé.

 

On n’osait pas le dire…