Mon activité de blogeur m'amène (m'oblige ?) à m'intéresser aux blogs tenus tant par mes confrères que par les autres acteurs du monde judiciaire.

Récemment, un nouveau venu a attiré mon attention par la qualité de ses billets. Justicier Ordinaire, pseudonyme pris par un substitut du procureur d'un TGI de province, nous donnait à voir l'intérieur d'un Tribunal, le peu voir l'absence de moyens, le conformisme de l'institution malgré les bonnes volontés, dont la sienne.

Certains de ses articles ont déplu.

On le sait, le parquet est organisé de façon hiérarchisée : si le procureur de la République souhaite qu'une personne soit poursuivie, son subordonné, vice-procureur ou substitut du procureur, devra requérir le renvoi ou procéder à la citation devant le Tribunal correctionnel. En revanche, à l'audience, le même vice-procureur ou substitut du procureur reprend sa liberté. S'il estime que le prévenu n'a pas commis l'infraction qui lui est reprochée, il pourra requérir la relaxe.

L'adage qui décrit ce principe et son exception est le suivant : la parole est libre, la plume est serve.

C'est aujourd'hui plus vrai que jamais, y compris sur un blog anonyme.

Justicier Ordinaire a pris la décision de fermer son blog. Je ne peux que vous encourager à vous rendre sur son site, en espérant qu'il reste en ligne, pour lui manifester votre soutien.