La réponse est simple, les rapports humains n’existent plus : les portes sont automatiques, les effectifs des surveillants insuffisants pour une prison qui à peine ouverte est déjà surpeuplée

 

Cette évidente déshumanisation des relations exacerbe les tensions au sein de l’établissement pénitentiaire. La CGT a fait état d’un chiffre inquiétant : 25% des surveillants de la prison serait en arrêt maladie. Autre conséquence : les violences entre détenus et des détenus envers le personnel pénitentiaire a entraîné l’explosion des procédures devant la commission de discipline.

 

Jean-Marie Delarue explique : « si on demandait aux détenus et personnels de choisir entre leur ancienne prison et Corbas, ils se prononceraient à 100% pour Perrache. Les gens préfèrent vivre avec les cafards et des relations humaines plutôt que sans cafard et sans échange ».

 

On en vient à se demander si ce n’était pas le but recherché par l’administration : un univers d’isolement quasi orwellien avec pour illusion que la dureté de l’incarcération serait une méthode efficace pour lutter contre la récidive.

 

Pour Jean-Marie Delarue la situation est quoi qu’il en soit dramatique pour les détenus. Il a ainsi déclaré lors de la réunion du conseil de développement du Grand Lyon sur les prisons du 9 décembre 2009 : « Je ne comprends pas comment on a pu imaginer une prison qui cherche à faire taire alors que la réinsertion suppose que l’on parle. »