Article L3511-3 du Code de la santé publique

La propagande ou la publicité, directe ou indirecte, en faveur du tabac, des produits du tabac ou des ingrédients définis au deuxième alinéa de l'article L. 3511-1 ainsi que toute distribution gratuite ou vente d'un produit du tabac à un prix de nature promotionnelle contraire aux objectifs de santé publique sont interdites.

Ces dispositions ne s'appliquent pas aux enseignes des débits de tabac, ni aux affichettes disposées à l'intérieur de ces établissements, non visibles de l'extérieur, à condition que ces enseignes ou ces affichettes soient conformes à des caractéristiques définies par arrêté interministériel.

Elles ne s'appliquent pas non plus :

1° Aux publications et services de communication en ligne édités par les organisations professionnelles de producteurs, fabricants et distributeurs des produits du tabac, réservés à leurs adhérents, ni aux publications professionnelles spécialisées dont la liste est établie par arrêté ministériel signé par les ministres chargés de la santé et de la communication ; ni aux services de communication en ligne édités à titre professionnel qui ne sont accessibles qu'aux professionnels de la production, de la fabrication et de la distribution des produits du tabac ;

2° Aux publications imprimées et éditées et aux services de communication en ligne mis à disposition du public par des personnes établies dans un pays n'appartenant pas à l'Union européenne ou à l'Espace économique européen, lorsque ces publications et services de communication en ligne ne sont pas principalement destinés au marché communautaire.

Toute opération de parrainage est interdite lorsqu'elle a pour objet ou pour effet la propagande ou la publicité directe ou indirecte en faveur du tabac, des produits du tabac ou des ingrédients définis au deuxième alinéa de l'article L. 3511-1.

Article L3511-4 du Code de la santé publique

Est considérée comme propagande ou publicité indirecte la propagande ou la publicité en faveur d'un organisme, d'un service, d'une activité, d'un produit ou d'un article autre que le tabac, un produit du tabac ou un ingrédient défini au deuxième alinéa de l'article L. 3511-1 lorsque, par son graphisme, sa présentation, l'utilisation d'une marque, d'un emblème publicitaire ou un autre signe distinctif, elle rappelle le tabac, un produit du tabac ou un ingrédient défini au deuxième alinéa de l'article L. 3511-1.

Toutefois, ces dispositions ne sont pas applicables à la propagande ou à la publicité en faveur d'un produit autre que le tabac, un produit du tabac ou un ingrédient défini au deuxième alinéa de l'article L. 3511-1 qui a été mis sur le marché avant le 1er janvier 1990 par une entreprise juridiquement et financièrement distincte de toute entreprise qui fabrique, importe ou commercialise du tabac un produit du tabac ou un ingrédient défini au deuxième alinéa de l'article L. 3511-1. La création d'un lien juridique ou financier entre ces entreprises rend caduque cette dérogation.

Article L3512-1 du Code de la santé publique

Les associations dont l'objet statutaire comporte la lutte contre le tabagisme, régulièrement déclarées depuis au moins cinq ans à la date des faits, peuvent exercer les droits reconnus à la partie civile pour les infractions aux dispositions du présent titre.

Peuvent exercer les mêmes droits les associations de consommateurs mentionnées à l'article L. 421-1 du code de la consommation ainsi que les associations familiales mentionnées aux articles L. 211-1 et L. 211-2 du code de l'action sociale et des familles pour les infractions aux dispositions prévues à l'article L. 3512-2 et pour celles prises en application de l'article L. 3511-7.

Article L3512-2 du Code de la santé publique

Les infractions aux dispositions des articles L. 3511-2, L. 3511-3 et L. 3511-6 sont punies de 100 000 euros d'amende. En cas de propagande ou de publicité interdite, le maximum de l'amende peut être porté à 50 % du montant des dépenses consacrées à l'opération illégale.

En cas de récidive, le tribunal peut interdire pendant une durée de un à cinq ans la vente des produits qui ont fait l'objet de l'opération illégale.

Le tribunal ordonne, s'il y a lieu, la suppression, l'enlèvement ou la confiscation de la publicité interdite aux frais des délinquants.

Le tribunal peut, compte tenu des circonstances de fait, décider que les personnes morales sont en totalité ou en partie solidairement responsables du paiement des amendes et des frais de justice mis à la charge de leurs dirigeants ou de leurs préposés.

La cessation de la publicité peut être ordonnée soit sur réquisition du ministère public, soit d'office par le juge d'instruction ou le tribunal saisi des poursuites. La mesure ainsi prise est exécutoire nonobstant toutes voies de recours. Mainlevée peut en être donnée par la juridiction qui l'a ordonnée ou qui est saisie du dossier. La mesure cesse d'avoir effet en cas de décision de non-lieu ou de relaxe.

Les décisions statuant sur les demandes de mainlevée peuvent faire l'objet d'un recours devant la chambre de l'instruction ou devant la cour d'appel selon qu'elles ont été prononcées par un juge d'instruction ou par le tribunal saisi des poursuites.

La chambre de l'instruction ou la cour d'appel statue dans un délai de dix jours à compter de la réception des pièces.

Toutefois, la retouche de photo n’a rien d’une nouveauté et n’est pas due à cette législation. Elle consubstantielle à l’art photographique.

La première[1] photo devenue célèbre du fait de la modification qu’elle avait subi fut une photographie prise par G.P. Goldstein sur laquelle Vladimir Illich Lénine prononce un discours, le 5 mai 1920 devant des unités de l’Armée rouge. Sur les escaliers de l’estrade se trouvent Trotski et Leo Borissovitch Kamenev. Après 1927[2] Trotski et Kamenev seront effacés et remplacés par cinq marches en bois. De même, la photo de Khaldei immortalisant des soldats soviétiques en train d’accrocher un drapeau sur les toits du Reichstag qui sera retouchée d’être diffusée[3] doit une partie de son aura à la « rectification » dont elle a fait l’objet.

Pour en revenir aux photos des adorateurs de Nicot, il me semble que la vraie raison de ces retouches n’est pas la loi Evin, mais une volonté d’imposer une vision aseptisée du monde, sous l’égide d’un logiciel qu’on ne présente plus, Photoshop[4].

Exeunt les fumeurs, les gros, les vieux, les tordus, les bigleux et j’en passe.

Ainsi le « Canard Enchaîné » nous rapportait-il il y a quelques semaines que De Gaulle, sur une photo clôturant une exposition qui lui était consacrée, s’était vu privé de la canne qui l’accompagnait. Les auteurs de la retouche voulaient sans doute éviter de donner l’image d’un vieillard ayant du mal à se déplacer. Ils oubliaient ou ignoraient que la canne en question était une canne d’agrément[5], c’est-à-dire un accessoire raffiné de la tenue masculine.

Allez, je prends les paris, les prochaines victimes des ciseaux stérilisateurs d’Anastasie seront les lunettes[6] que Jaques Chirac portait notamment dans les années 1970.


[1] D’une longue série toujours en cours.

[2] Date à laquelle Trotski a été exclu du Comité central par la direction du parti communiste.

[3] Car un des soldats porte une montre à chaque poignet, produit à n’en pas douter d’un pillage.

[4] Un hebdomadaire tient une rubrique sur les ratages de l’emploi de ce logiciel.

[5] Voir une canne de prestige.

[6] Aux montures épaisses et noires.