Voilà plusieurs mois que je souhaite évoquer l’affaire Charles Dean Hood. L’actualité de ces derniers jours m’en donne enfin l’occasion.

 

En 1990, alors qu’il avait 21 ans, il a été condamné à mort pour un double assassinat de son employeur et de la petite amie de celui-ci. Si ses empreintes digitales ont été retrouvées partout sur les lieux du crime, s’il a été arrêté au volant de la voiture des victimes, en possession de bijoux, des cartes de crédit, de vêtements qui leur appartenaient, il n’en reste pas moins qu’aucune preuve significative n’est venue confirmer sa culpabilité.

 

En 2004, Charles Dean Hood avait demandé à faire procéder à de tests ADN sur huit objets. Il faisait également valoir qu’une lettre anonyme écrite par un « citoyen concerné » avait été envoyée à l’avocat général du district de Collin en mai 2003, lettre selon laquelle Dean Hood est innocent de ce crime. De plus, il a été prouvé que l’employeur avait reçu des menaces de mort d’une autre personne. Pourtant sa demande a été rejetée.

 

Son dossier avait connu un rebondissement spectaculaire fin 2008, quand le juge et la procureure à son procès avaient admis sous serment qu’ils étaient amants à l’époque. La justice texane, selon une logique juridique dont on dira pudiquement qu’elle lui est propre, a décidé en septembre 2009 de lui refuser un nouveau procès.

 

Elle vient de revenir sur sa décision il y a quelques jours, se fondant sur (s’abritant derrière ?) des éléments techniques.

 

Il est vrai que Charles Dean Hood a déposé un recours devant la Cour suprême arguant du « manque d’éthique » que constitue une relation amoureuse entre un juge et un procureur. Cette saisine de la Cour suprême américaine a sans doute permis une meilleure réflexion des juges texans.

 

Charles Dean Hood a déjà échappé à cinq dates d'exécution.