DE LEGE LATA, le Blog de Maître RIBAUT-PASQUALINI

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Avocat et Droits de l'Homme

jeudi, 29 octobre 2009

Beatrice Mtetwa sera là

 

Poursuivant ma série de billets sur les avocats se distinguant par leur combat en faveur des des droits de l’Homme à travers le monde (voir ici et ), je voudrais vous toucher un mot de mon confrère Beatrice Mtetwa.

 

Elle exerce au Zimbabwe et se consacre à la défense des adversaires du régime du « débonnaire » Robert Mugabe et notamment de journalistes ayant la prétention (les fous) d'user de leur droit à la liberté d’expression.

  

A plusieurs reprises, elle a été l’objet de violences policières, notamment en qualité de présidente de la Law Society of Zimbabwe (LSZ).

 

Si je vous parle d'elle, c'est qu'aujourd'hui à la Maison du Barreau de Paris, va lui être remis pour ses activités en faveur de la liberté de la presse, de l'information, et de la liberté d'association, le Prix International des Droits de l’Homme Ludovic Trarieux 2008. Béatrice Mtetwa est le deuxième lauréat africain de ce prix prestigieux qui, pour ceux qui l’ignoreraient, est décerné tous les ans à un avocat qui s’est particulièrement distingué dans le cadre de l’exercice de ses activités professionnelles pour la défense et la promotion des droits de l’homme. Son prédécesseur ? Nelson Mandela en 1985. Pas mal, non ?

jeudi, 17 septembre 2009

Abdolfattah Soltani n’est pas à Nuremberg

Aujourd’hui, je voudrai évoquer mon confrère iranien Abdolfattah Soltani.

Ce farouche militant des droits de l’Homme a été arrêté et emprisonné à plusieurs reprises.

Cela a évidemment été le cas lors des manifestations iraniennes qui ont suivi la réélection de Ahmadinejad. Il a été arrêté le 16 juin et libéré fin août, comme cela avait été le cas pour l'avocat chinois Xu Zhiyong, sous la pression de la mobilisation internationale en sa faveur. Il a séjourné 10 semaines à la prison d'Evin, et plus particulièrement dans la tristement célèbre « section 209 », qui est sous le contrôle des services secrets des Pasdarans, les gardiens de la révolution. Là-bas, il a fait l’objet d’interrogatoires au cours desquels se sont succédées menaces et pressions diverses. Encore n’a-t-il pas fait l’objet de tortures, comme plusieurs de ses co-détenus.

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dimanche, 2 août 2009

Où est Xu Zhiyong, avocat chinois défenseur des droits de l'homme ?


[Mise à jour : Xu Zhiyong,  a été libéré sous caution le 23 août, soit plus de trois semaines après son interpellation par la police. Il fait peu de doute que l'importante mobilisation internationale en sa faveur a permis sa libération.]

 

J'avais en tête, depuis plusieurs semaines, l'idée de lancer une rubrique consacrée aux avocats qui à travers le monde se distinguent par leurs combats pour les droits de l'Homme.  L'actualité me donne hélas l'occasion de commencer par Xu Zhiyong professeur de droit et avocat qui a été interpellé à son domicile mercredi dernier. Ce confrère, qui a été élu en 2003 représentant au Congrès du peuple de l'arrondissement de Haidian à Pékin, est l'un des fondateurs et principaux animateurs de Gongmeng (organisation désignée en anglais sous le nom d'Open Constitution Initiative). Cette association d'avocats a été fermée il y a deux semaines par les autorités chinoises, sous le prétexte fallacieux de non respect d'obligations fiscales. 

 


Les combats de Xu Zhiyong et des membres de Gongmeng sont nombreux : ils participent à des actions de protestation contre l'installation obligatoire d'un logiciel de censure sur les ordinateurs chinois. Ils défendent les victimes de la contamination du lait à la mélamine, des membres du mouvement religieux Falun Gong, des Tibétains ainsi que des « pétitionnaires ».


Les « pétitionnaires » sont les personnes dont les droits ont été bafoués dans leur localité d'origine, notamment du fait d'une corruption endémique,  et qui viennent déposer une plainte dans la capitale. Cette pratique est héritée des temps impériaux. Les sujets de l'empire se rendaient dans la capitale pour faire appel au gouvernement central en lui présentant des requêtes, portant souvent sur des abus d'autorité ou de corruption de la part de fonctionnaires locaux.


Bien souvent, une fois arrivés à Pékin, ils décident d'y rester, soit qu'ils n'aient pas les moyens de rentrer chez eux, soit le plus souvent, qu'ils craignent des représailles.


Face à ce phénomène, les autorités chinoises ont mis en place un système de retour forcé. Les pétitionnaires sont arrétés et envoyés, en attendant leur rapatriement dans des "prisons noires", prisons officieuses (lire ici un reportage en anglais) où les conditions de détention sont effroyables : passages à tabac, sous-nutrition, sur-population...


Depuis mercredi, on est sans nouvelles de Xu Zhiyong.

 

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